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Paul Klee fugue en rouge
Le temps dans
l’œuvre (affirmation, dilution, négation des repères, rôle de la mémoire,
nouvelles organisations), l’œuvre dans le temps (références, fixation,
conservation).
Stravinsky : "La musique est un
art du temps" "La musique naît d'une organisation du temps"
Le temps est au musicien ce que
l’espace est au peintre.
Le peintre met en forme sa toile en fonction de l’espace tandis que le
compositeur met en forme sa musique en fonction du temps. C’est en fonction
de cet élément essentiel que la musique prend forme.
L’auditeur ne peut se faire une idée d’une œuvre qu’après en avoir entendu
l’intégralité alors que l’amateur de peinture peu se faire une idée
instantanée d’un tableau.
A.
Le temps dans l''oeuvre
Quelques
possibilités de jeux et traitements sur le temps musical dans l’œuvre:
1. Tempos
: lent, vifs… ex. les différents mouvements des sonates, symphonies et
concertos classiques.
2. Temps
régulier, irrégulier (Stravinsky sacre du printemps, danse sacrale), valeurs ajoutées
(oeuvre d’Olivier Messiaen).
3. Temps
lisse (absence de pulsation ou pulsation gommée Tristan
Murail, Charles Ives The unanswered Question, Ligeti Lux Aeterna) temps strié ou pulsé (Stravinsky,
sacre
du printemps, augures printaniers). Xu Yi Le plein du vide.
4. Temps
mesuré, temps non mesuré Chant grégorien et Pérotin Viderunt Omnes.
5. Temps
structurel : Temps rétrogradé (Machaut
ma fin est mon commencement, Webern, Bach), augmenté,
diminué (Bach, Pärt Dies Irae
du Miserere).
Superposition
de différents temps Pérotin Viderunt Omnes. Fuite du temps dans les fugues (Bach)
6. Temps
semblant arrêté, intemporalité ostinato Bach, musique répétitive
américaine, Arvo Pärt Miserere
Ligeti Lux Aeterna. Temps suspendu Wagner prélude de
Tristan. Rôle du silence Beethoven (Coriolan), et surtout
John Cage. Xu Yi le plein du vide. Aperghis Corps à Corps
7. Le
rôle de la mémoire dans les grande formes musicales
classiques : Lied, Sonate avec retours des thèmes mais aussi chez Dutilleux.
Ou au contraire négation des repères (sérialisme).
8. Le
nombre d’or au service du temps (Bartok,
notamment premier mouvement de Musique pour cordes percussions et celesta)
B.
L’œuvre dans le temps
Etude chronologique de l’évolution des œuvres à travers les temps. Références
au passé. Fixation des œuvres par leur notation. Conservation et évolution de
ces œuvres jusqu’à aujourd’hui. Chaque œuvre est étudiée suivant les
différentes entrées du temps dans l’œuvre.
1. Moyen
Age
Les nouvelles techniques de notation, le cantus mensurabilis
(chant mesuré).Pérotin Viderunt Omnes.
Références au passé (constructions de polyphonies sur le Pain Chant), fixation
(perfectionnements des techniques de notation), conservation (la polyphonie
naît et va se développer et atteindre une sorte d’apogée à la fin du baroque
avec Bach).
Guillaume de Machaut Ma fin est mon commencement.
Jeu des musiciens sur la rétrogradations des évènements sonores (Machaut,
Webern cf. infra) alors que le temps lui est unidirectionnel. Alors qu’en
peinture, ces rétrogradations sont parfaitement visible (phénomènes de
symétrie dans l’espace), ils sont la plupart du temps imperceptibles en
musique.
2. Epoque
baroque
Bach, temps et espace
Traitement des cantus firmus dans les chorals : superposition de plusieurs
temps (cf. Pérotin).
Traitement des sujets de fugues (clavier bien tempéré 1 fugue 8 p.40 ré#
mineur, art de la fugue contrepoint 6 et 7, canon rétrograde par
augmentations). Canons de l’Offrande musicale.
Le temps semblant arrêté. Passacaille et fugue en ut mineur.
3. Epoque
classique et romantique
Contrastes des tempos dans les formes classiques (symphonie, concerto,
sonate…)
Chez Beethoven, notion de temps suspendu (5e symphonie, ouverture de
Coriolan)
4. XXe siècle.
Le système
sériel
cf. cours école de Vienne
Audition dans le temps de phénomènes sonores pensés visuellement. Webern
variations op. 27 palindromes. Rétrogradations
Avec le sérialisme, la mémoire ne peut plus jouer un rôle de structuration de
l’œuvre, car il n’y a aucun retour. Négation des repères
Sérialisme intégral (Stockhausen étude n°2) Messiaen, modes de valeur et
d’intensité (1949-50). Le livre d’orgue.
Le temps chez
Stravinsky
Le sacre du Printemps
Notion de temps inégaux.
Ostinatos: temps immobile.
Cellules rythmiques mobiles et immobiles.
La suite de Fibonnacci, le nombre d’or.
Bartok Musique pour cordes percussion et célesta 1936,
Le langage musical de MessiaenOlivier Messiaen
(1908-1992)
1939
Les Corps Glorieux. pour orgue, quatuor pour la fin du temps
(1941)
Le rôle du silence
John Cage
Le temps lisse
Charles Ives the
Unanswered Question
Ligeti. Le temps n’est pas marqué, c’est un temps lisse, idée de continuité
sonore. Sorte de fondu enchaîné musical au moyen des timbres, nuances texture
et hauteurs. Seul le chef marque les temps pour diriger l’orchestre.
Musique répétitive
Etudes de Ligeti.
Terry Riley (1935) Phil Glass (1936) et Steve Reich(1936): tonalité,
construction sur un principe rythmique, progression par variations
imperceptibles, certaine importance de l’électronique
Conlon Nancarrow, études pour piano
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